À Accra, le sort des migrants ouest-africains expulsés des États-Unis prend une tournure inattendue. Selon leurs avocats, au moins six d’entre eux auraient été discrètement conduits au Togo par les autorités ghanéennes, entre le 18 et le 19 septembre.
John faisait partie du groupe détenu depuis plusieurs semaines dans un camp militaire ghanéen. Les agents d’immigration lui auraient promis un transfert « vers un meilleur hôtel ». Mais le trajet a pris une toute autre tournure. « Une fois proches du Togo, ils ne nous ont même pas fait passer par le poste frontière. Ils nous ont fait traverser clandestinement. Ils nous ont ensuite dit qu’ils devaient partir pour s’occuper de quelque chose et qu’ils allaient revenir, mais ils nous ont juste laissé là », confie-t-il à RFI.
Abandonné avec trois compagnons, John se retrouve aujourd’hui au Togo sans papiers ni ressources. Sa liberté apparente cache une insécurité permanente : « Je suis ici illégalement. Je dois faire attention à qui je parle, où je vais, parce que si je me fais arrêter par la police sans papiers, elle va me mettre en prison. »
L’ombre d’un retour forcé au Nigéria plane toujours sur lui. Il craint d’y être arrêté, torturé, voire tué. Son seul espoir reste désormais l’action de ses avocats, qui tentent de lui rouvrir la voie vers les États-Unis, où il avait une vie stable, un emploi, une épouse et quatre enfants.
