Le président du Madagascar Andry Rajoelina a annoncé, lundi, la dissolution de son gouvernement, à la suite d’une vague de manifestations contre les pénuries d’électricité et d’eau qui a dégénéré en violences meurtrières. Selon les Nations unies, au moins 22 personnes ont perdu la vie et plus d’une centaine d’autres ont été blessées.
Les protestations, déclenchées la semaine dernière et menées principalement par des jeunes dans la capitale Antananarivo, constituent le défi le plus sérieux à l’autorité de Rajoelina depuis sa réélection en 2023. Elles représentent également le plus important mouvement de contestation qu’ait connu l’île depuis plusieurs années.
Lundi, des foules se sont rassemblées à l’université principale de la capitale, brandissant des pancartes et entonnant l’hymne national, avant de tenter de marcher vers le centre-ville, selon les médias locaux. Les forces de l’ordre ont répondu par des tirs de gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants, alors qu’un couvre-feu nocturne reste en vigueur depuis la semaine dernière. Des scènes de pillage ont également été signalées dans des supermarchés, des magasins d’électroménager et des banques, tandis que des domiciles d’hommes politiques ont été pris pour cible.
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Dans une allocution télévisée diffusée sur Televiziona Malagasy (TVM), le président a reconnu la colère de la population et présenté ses excuses. « Nous reconnaissons et nous excusons si des membres du gouvernement n’ont pas accompli les missions qui leur étaient confiées », a-t-il déclaré. Il a promis des mesures de soutien aux entreprises touchées par les violences et a appelé à un dialogue avec la jeunesse : « J’ai entendu l’appel, j’ai ressenti la souffrance, j’ai compris l’impact sur la vie quotidienne. »
Contexte économique et social tendu – Causes de ces manifestations au Madagascar
Ces manifestations traduisent une frustration croissante face à des années de difficultés économiques. Selon la Banque mondiale, près de 75 % des 30 millions d’habitants vivaient sous le seuil de pauvreté en 2022. Les coupures récurrentes d’électricité et les pénuries d’eau aggravent le quotidien des Malgaches, nourrissant la contestation contre le pouvoir en place.
Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a indiqué que les victimes comprenaient à la fois des manifestants, des passants touchés par les forces de sécurité et des personnes mortes lors de pillages ou d’actes de violence menés par des groupes sans lien direct avec le mouvement. Le ministère malgache des Affaires étrangères a rejeté ces chiffres, estimant qu’ils reposaient sur des « rumeurs ou désinformations ».
Un mouvement connecté à l’international
Les organisateurs affirment s’inspirer de mobilisations de la jeunesse observées récemment au Kenya, au Népal et au Maroc. À Antananarivo, certains manifestants arboraient un drapeau déjà utilisé au Népal lors des protestations qui ont conduit à la démission du Premier ministre. Le mouvement malgache, largement coordonné via les réseaux sociaux, notamment Facebook, rappelle également les mobilisations numériques observées au Kenya en 2024, qui avaient contraint le gouvernement à renoncer à un projet de réforme fiscale.

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