Accueil » Mohamed Salah électeur au Cameroun ? Ce que révèle notre fact-check

Mohamed Salah électeur au Cameroun ? Ce que révèle notre fact-check

C’est une image qui a enflammé les réseaux sociaux au Cameroun et au-delà : celle de la star du football égyptien Mohamed Salah, affichée sur une liste électorale publique à Ngaoundéré III, dans le nord du pays.

Mohamed Salah électeur au Cameroun ?

Après les nombreuses réactions suscitées par cette photo, notre rédaction, Dasefoa, a procédé à une vérification sur la plateforme officielle de Elections Cameroon (ELECAM), chargée d’organiser le scrutin présidentiel.

Résultat : l’image de Mohamed Salah ne figure pas ou plus dans la base de données consultable.

Cela signifie que l’image n’était pas inventée, mais qu’elle a probablement été supprimée ou modifiée après la polémique. Une situation qui alimente davantage les soupçons de fraudes et d’inscriptions fantaisistes dans le fichier électoral.



Une inscription “suspecte” sur la liste

Même si le visage du célèbre attaquant de Liverpool FC n’est plus visible en ligne, d’autres éléments contenus dans la photo originale sont bel et bien authentiques. L’identité affichée sur la liste montre un prénom “AZERT” et un nom “QSDF”, des combinaisons qui correspondent aux premières lettres d’un clavier AZERTY.

Ces informations absurdes mais présentes dans le fichier officiel posent question sur la rigueur du processus d’enregistrement.


Un scrutin sous tension


Le Cameroun a tenu dimanche 12 octobre 2025 une élection présidentielle à un tour, avec près de huit millions d’électeurs attendus aux urnes. Le président sortant Paul Biya, 92 ans, au pouvoir depuis 43 ans, affrontait neuf candidats après le retrait de deux autres.

Le vote s’est achevé à 17h00 TU et le dépouillement a immédiatement commencé. Selon le ministre de l’Administration territoriale Paul Atanga Nji, le scrutin s’est déroulé « sans incidents majeurs ».

« C’est la ligne rouge à ne pas franchir », a-t-il averti, en mettant en garde contre toute proclamation anticipée des résultats avant le Conseil constitutionnel du Cameroun.


À Garoua, bastion de l’opposant Issa Tchiroma Bakary, des tensions ont éclaté entre ses partisans et les forces de l’ordre, retardant son retour à domicile, désormais sous surveillance policière.

Des anomalies lors du dépouillement


Si la journée électorale s’est globalement déroulée dans le calme, des irrégularités ont été relevées dès la fermeture des bureaux de vote. Au Lycée technique d’Akwa, à Douala, des électeurs ont constaté que plusieurs enveloppes contenaient deux bulletins au nom de Paul Biya.

> « Quand on trouve l’autre bulletin dedans, ça veut dire qu’il y a déjà fraude. On fait l’erreur seulement sur le RDPC ? On annule. C’est tout ce que nous on veut ! », a déclaré un électeur présent au dépouillement.


Le président du bureau de vote a dû consulter le Code électoral : « Si une enveloppe contient plusieurs bulletins, le vote est nul si ces bulletins sont différents. Il ne compte que pour un seul si ces bulletins sont identiques : le cas du père (Paul Biya, ndlr). Deux bulletins d’un candidat dans une urne comptent pour une voix. »

Cette explication n’a pas calmé la tension. Les scrutateurs ont exigé l’annulation de ces votes, tandis que les forces de l’ordre se tenaient prêtes à intervenir pour prévenir tout débordement.

Des absences remarquées et des doutes persistants

Dans d’autres salles du même centre de vote, une scrutatrice a quitté les lieux avant la fin des opérations sans signer le procès-verbal. Par ailleurs, des représentants de huit partis politiques sur douze étaient absents pendant le dépouillement.

Ces absences, combinées aux inscriptions douteuses comme “AZERT QSDF” et au retrait soudain de la fameuse image de Mohamed Salah, nourrissent les soupçons sur la crédibilité du processus électoral.


Vers une huitième victoire de Paul Biya ?

Selon la Constitution camerounaise, le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de sept ans. Si Paul Biya est réélu pour la huitième fois, il pourrait rester au pouvoir jusqu’à ses 99 ans. Le Conseil constitutionnel doit proclamer les résultats au plus tard le 26 octobre 2025.



En résumé :

1 – L’image imprimée montrant Mohamed Salah sur une liste électorale à Ngaoundéré III a bien existé.

2 – Elle ne figure « plus » dans la base de données officielle, probablement supprimée après la polémique.

3 – Des noms fantaisistes comme “AZERT QSDF” existent bel et bien dans le fichier.

4 – Ces faits nourrissent les doutes sur la transparence de l’élection présidentielle camerounaise de 2025.

Le Journal Dasefoa

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Dasefoa

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture