L’Observatoire pour la protection des défenseur·es des droits humains (FIDH-OMCT) tire la sonnette d’alarme après la nouvelle arrestation de la militante togolaise Grâce Koumayi Bikonibiyate, interpellée le 3 octobre à Lomé.
Sage-femme et activiste engagée contre les violences obstétricales et pour la bonne gouvernance, elle est aujourd’hui détenue à la Prison civile de Lomé, inculpée pour « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » et « trouble aggravé à l’ordre public ».
Selon l’Observatoire, « cette arrestation et cette détention arbitraires ne visent qu’à la punir pour avoir exercé son droit à la liberté d’expression », garanti par la Constitution togolaise. L’organisation rappelle que Mme Koumayi avait déjà été arrêtée et torturée en juin dernier, sans qu’aucune enquête indépendante n’ait été ouverte, en violation de la Convention des Nations unies contre la torture.
Les conditions de détention de la militante suscitent également l’indignation. « Malgré ses douleurs et ses besoins médicaux, son accès à des soins lui a été refusé », déplore la FIDH, qui parle de traitements « inhumains et dégradants ».
L’affaire survient alors que les autorités togolaises ont récemment promis de poursuivre « sans compromis » les auteurs d’infractions sur les réseaux sociaux. Pour l’Observatoire, « participer à la vie politique et sociale du pays ne saurait être qualifié d’infraction », mais constitue un droit fondamental.
La FIDH et l’OMCT demandent « la libération immédiate et inconditionnelle de Grâce Koumayi Bikonibiyate » ainsi que l’abandon de toutes les charges à son encontre. Elles exhortent également les autorités à « garantir la sécurité et la liberté d’expression de tous les défenseurs des droits humains au Togo ».
