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SIIPS 2025 : les paiements instantanés en Afrique franchissent 2 000 milliards USD

Les paiements numériques connaissent une accélération majeure en Afrique. L’édition 2025 du Rapport sur l’état des systèmes de paiement instantané inclusifs en Afrique (SIIPS 2025), publiée par AfricaNenda Foundation, en partenariat avec la Banque mondiale et la CEA, révèle que les systèmes de paiement instantané du continent ont traité 64 milliards de transactions, pour une valeur d’environ 2 000 milliards d’USD en 2024.

Présenté lors d’un événement organisé par la Banque centrale d’Eswatini du 11 au 14 novembre 2025, le rapport confirme que 36 systèmes de paiement instantané sont désormais opérationnels dans 31 pays, dont cinq nouveaux lancés cette année.

« Les Africains changent leur manière d’interagir économiquement »

Dans une déclaration marquante, le Dr Robert Ochola, PDG d’AfricaNenda Foundation, souligne l’impact de cette transformation :
« Les paiements instantanés inclusifs transforment la manière dont les Africains interagissent sur le plan économique. (…) Davantage de pays adoptent des systèmes de paiement instantané, et un nombre croissant de personnes ont désormais accès à des services financiers numériques qui soutiennent les moyens de subsistance, le commerce et la croissance. »

La Banque mondiale appelle à renforcer l’inclusivité

Pour la Banque mondiale, les progrès sont réels mais insuffisants. Niraj Verma, Directeur général par intérim du département Finance, Compétitivité et Investissement, déclare :
« Ces résultats sont prometteurs et constituent un excellent départ, mais il reste encore beaucoup à faire. Les pays dépourvus de systèmes de paiement rapide devraient entamer leur mise en œuvre, tandis que ceux qui en disposent déjà gagneraient à renforcer leur inclusivité et stimuler l’innovation. »

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Il rappelle également que les modèles régionaux de paiements rapides « pourraient être étendus à l’ensemble du continent » et que le Groupe de la Banque mondiale poursuivra son appui via le projet FASTT.

SIIPS 2025 voit une interopérabilité en hausse et nouveaux usages

Le rapport note que la moitié des systèmes africains connectent désormais banques, opérateurs mobile money et fintechs via des plateformes multisectorielles.
Le Nigeria se distingue : le système NIP est le premier à atteindre un niveau “mature” d’inclusivité, selon l’échelle d’AfricaNenda.

Les usages vont désormais bien au-delà du P2P : paiements P2B, G2P, et transfrontaliers montent en puissance, renforçant l’intégration économique.

Des obstacles persistants pour les jeunes et les femmes

Les études menées en Angola, Côte d’Ivoire, Madagascar et Tunisie révèlent un contraste :

• Les particuliers adoptent rapidement les paiements numériques

• Les commerçants suivent plus lentement

• Les jeunes adultes et les femmes restent les plus freinés, par la crainte de la fraude, le manque d’identification officielle et l’accès limité aux agents de proximité

• Entre 50 % et 75 % des utilisateurs de cash citent la crainte de fraude comme premier obstacle à l’adoption.

« L’inclusion doit être délibérée »

Selon Dr Mactar Seck, de la Commission économique pour l’Afrique :
« Pour que les paiements numériques profitent à tous, l’inclusion doit être une démarche délibérée. (…) Les données du rapport fournissent aux États les éléments nécessaires pour concevoir des écosystèmes adaptés aux femmes, aux jeunes, aux travailleurs informels et aux communautés rurales. »

Une nouvelle étape pour la transformation numérique du continent

Le rapport souligne les opportunités offertes par :

  • L’intégration de l’identité numérique,
  • La digitalisation des paiements G2P,
  • L’interopérabilité transfrontalière,
  • La convergence entre SPI, lois sur la protection des données et infrastructures publiques numériques.

Avec 36 pays désormais équipés d’un SPI opérationnel, les auteurs appellent à une meilleure coordination pour bâtir un marché financier africain plus inclusif et sécurisé.

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