Au Togo, des détenus politiques font l’objet de traitements inhumains et dégradants, un phénomène désormais documenté depuis plusieurs mois, notamment à l’encontre de jeunes récemment interpellés par le régime.
Après l’ASVITTO, c’est l’ONG Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) qui monte au créneau. Au micro de FRI, l’organisation confirme « des cas de tortures » et affirme que « toutes ces personnes sont en réalité des prisonniers d’opinion ». Ils sont des jeunes manifestants, activistes, blogueurs et membres de la société civile arrêtés depuis les manifestations de juin dernier contre le pouvoir en place, et dans les mois qui ont suivi.
« Depuis les répressions des manifestations pacifiques de juin 2025, 48 personnes sont actuellement emprisonnées simplement pour avoir exercé leur liberté d’expression ou leur droit de manifester. Elles sont toutes accusées soit de trouble à l’ordre public, soit d’atteinte à la sécurité de l’État », dénonce Clément Boursin, responsable des programmes Afrique de l’ACAT France.
Selon lui, de nombreux détenus subissent des traitements inhumains et dégradants. « Il y a eu des cas de tortures documentés. Parmi ces prisonniers d’opinion, il y a René Missode Koffi et Foly Satchivi, pour lesquels la rapporteuse spéciale sur les défenseurs des droits humains des Nations unies s’est mobilisée. On pense aussi à deux militants de Tournons la page, détenus depuis le 23 août, ainsi qu’à notre compatriote Steeve Rouyar, emprisonné depuis le 6 juin. »
Clément Boursin dénonce également le « silence » de la communauté internationale face à ces violations des droits humains. « Que ce soit l’Union européenne, la France ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), tous privilégient la stabilité diplomatique avec le régime en place au détriment de la défense des droits humains. Ce silence est dangereux, car il permet à la répression de se poursuivre actuellement. »
