Qui aurait cru qu’un simple groupe WhatsApp, pensé pour des échanges sérieux entre ministres, parlementaires et journalistes, donnerait naissance à une équipe de football complètement déjantée ? Ici, les tacles ne se donnent pas seulement sur le terrain, mais surtout avec la langue, dans un mélange de plaisanteries, du respect mutuel, de discipline et de bonne humeur contagieuse. Baptisée DA FC, cette bande de « Misérables » a inventé son propre monde : un petit Mussolini à la tête d’un Cabinet à vie et un Bas-peuple facétieux, où le ballon rond n’est qu’un prétexte pour célébrer l’humour, la complicité et le chaos organisé… Bienvenue dans les coulisses d’un club où le football devient spectacle, théâtre et antidote au stress quotidien.
Ce samedi, à peine le soleil pointe-t-il ses premiers rayons sur le Centre Olympafrica Anani Matthia de Lomé que le petit terrain s’anime. Les « Misérables » se préparent pour leur séance hebdomadaire, devenue presque un rituel. Les cris fusent déjà, entre rires, provocations et encouragements : un joueur feinte, un autre réplique par une boutade, et tout le monde éclate de rire. À la surprise générale, Nephthali Ledy, le « Capi à vie », se faufile entre deux défenseurs et fusille le petit poteau d’un tir parfait: l’unique but de cette rencontre improvisée qui scelle la victoire de son équipe. Pas de classement, pas de pression, juste l’euphorie partagée de ce samedi matin où football, amitié et bonne humeur se mêlent dans un chaos joyeux et contagieux.

Du sérieux… aux Misérables
DA FC n’est pas un club comme les autres. Né d’un simple groupe WhatsApp baptisé « Dernières Actualités » où ministres, anciens parlementaires et journalistes échangeaient avec sérieux, le club s’est constitué pour respirer autrement, pour rire et décompresser. « Le football oui, mais la bonne humeur d’abord », résume Nephthali Ledy, Journaliste, Rédacteur en chef du journal panafricain « Financial Afrik ». Les séances du samedi matin sont autant un match qu’un rituel social : échanges sur l’actualité, provocations amicales et tacles verbaux autant que physiques. Chaque joueur participe selon son envie, ses disponibilités ou sa contribution financière, mais tous respectent les règles tacites du club : rire, complicité et respect du « Capi à vie ».
Le Cabinet, le Bas-peuple, des putschs ratés et la 3ᵉ mi-temps
L’organisation du club est tout aussi atypique que ses entraînements. Au sommet trône le Capitaine Nephthali, petit Mussolini à sa manière, accompagné de son Adjoint à vie, Richard Aziagué, également Journaliste à la radio « Pyramide FM ». Ensemble, ils composent le Cabinet, sorte de Bureau exécutif dont les membres sont choisis avec humour et… générosité. Offrir un plat de spaghetti, une bouteille d’Agrume ou assurer la prise en charge de la fameuse 3ᵉ mi-temps peut suffire à décrocher un poste prestigieux pour une semaine. Face au Cabinet, qui se veut être une institution, le Bas-peuple, les autres « Misérables », jouent librement, provoquent, critiquent et entretiennent ce désordre joyeux qui fait le charme du club. Certaines tentatives de « coup d’État » institutionnel pour démettre le capitaine sont orchestrées avec théâtralité, mais échouent presque toujours face à la vigilance du Cabinet. C’est le seul club au Togo qui dispose de son propre journal officiel : D.A FC EXPRESS.
Après l’entraînement, vers 9 h 30, la troupe se dirige vers le « siège annexe » : un bar voisin de la Fédération togolaise de football, où débute la fameuse 3ᵉ mi-temps. Ici, l’humour et le chaos prennent toute leur dimension. Les discussions fusent, ponctuées de blagues, de prises de bec simulées et de défis improvisés. Les absents sur le terrain sont recalés au rôle de spectateurs sur WhatsApp, où chaque action est commentée avec détails et emphase, transformant chaque tir ou tacle en mini-événement digne d’un reportage.

DAFC, c’est finalement un antidote au stress quotidien. Dans un monde où sérieux et obligations dominent, ce club a trouvé la formule : un ballon rond, des amis, un chef excentrique et un chaos organisé pour célébrer la joie. Entre les rires, les tacles verbaux et les gestes théâtraux, les « Misérables » prouvent que le football peut être plus qu’un sport : un théâtre de bonne humeur, un laboratoire de complicité et un espace où chacun, le temps d’un samedi matin, peut redevenir enfant.
Dasefoa avec LeTabloid
