Les Forces armées ghanéennes (GAF) ont engagé, en partenariat avec l’armée française, un programme intensif d’entraînement au combat en milieu jungle destiné à renforcer les capacités opérationnelles dans la lutte contre l’orpaillage illégal, connu localement sous le nom de galamsey, a appris Dasefoa Journal.
Depuis plusieurs semaines, des soldats ghanéens et français participent à des exercices conjoints au centre de formation à la guerre en jungle d’Achiase. Les manœuvres incluent des tirs réels, des simulations d’embuscades, ainsi que des opérations tactiques en terrain forestier dense.
L’exploitation artisanale illégale demeure un problème persistant au Ghana, malgré les campagnes de répression menées par les autorités. Les interventions contre des groupes parfois lourdement armés nécessitent une coordination militaire accrue, notamment en raison du relief difficile et de l’usage d’armes improvisées.
Selon des sources proches du programme, la coopération avec la France vise à améliorer la préparation physique et tactique des troupes engagées dans ces opérations sensibles.
Une expertise française mise en avant
L’armée française apporte une expérience reconnue en matière de combat en jungle, de stratégie et de tirs opérationnels. Cette expertise est notamment issue de ses interventions en Guyane française, où les autorités françaises sont également confrontées à l’orpaillage clandestin.
Le brigadier général Joshua Amanor, commandant du Army Training Command, a précisé que les soldats actuellement formés ne sont pas directement engagés dans l’opération NAIMOS, mais pourraient être déployés lors des rotations futures afin d’appliquer les compétences acquises.
Le lieutenant Nicholas, chef du contingent français, a de son côté insisté sur le caractère mutuellement bénéfique de cet échange, affirmant que les deux armées en sortiraient renforcées.

Des spéculations et critiques sur les réseaux sociaux
Cependant, cette collaboration n’est pas accueillie unanimement dans l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux où de nombreux internautes panafricains expriment leur scepticisme.
Certains commentateurs estiment que la présence militaire française dans un contexte lié aux ressources minières pourrait cacher d’autres motivations. Des soupçons circulent, sans preuves formelles, sur une possible intention de la France de chercher à accroître son influence, voire de s’intéresser aux ressources aurifères ghanéennes.
Ces réactions s’inscrivent dans un climat régional marqué par une méfiance croissante envers l’implication française dans plusieurs pays africains, alimentée par des débats sur la souveraineté, la gestion des ressources naturelles et les relations postcoloniales.

Pour l’heure, les autorités ghanéennes présentent cet entraînement comme une initiative strictement militaire visant à renforcer la lutte contre une activité illégale qui menace l’environnement, la sécurité et l’économie nationale.
Mais l’épisode illustre également combien les partenariats internationaux liés aux questions sécuritaires et minières restent hautement sensibles, dans un contexte où l’opinion publique africaine demeure attentive aux enjeux de contrôle et d’exploitation des ressources.
