Accueil » Togo – Les sept collines d’Atakpamé : entre histoire, spiritualité et modernité

Togo – Les sept collines d’Atakpamé : entre histoire, spiritualité et modernité

À l’occasion de la première édition de la Semaine nationale du tourisme (SNT), qui s’est achevée ce 3 octobre 2025 à Lomé, le Journal Dasefoa vous propose une immersion dans l’une des villes les plus emblématiques du Togo : Atakpamé, surnommée depuis des générations la ville aux sept collines. Un surnom poétique qui intrigue, fascine, mais dont peu de personnes connaissent réellement l’origine et la signification. Quels sont ces reliefs qui font l’identité de la ville ? Plongée au cœur d’Atakpamé.

Une ville carrefour au riche passé

Située dans la Région des Plateaux, Atakpamé est à la fois chef-lieu régional et préfecture de l’Ogou. Ville de montagne et de refuge dans l’histoire précoloniale, elle a longtemps été considérée comme un bastion stratégique. Le nom même d’Atakpamé viendrait d’« Atakpa », une famille royale locale, preuve de la profondeur historique et culturelle de la ville.

Aujourd’hui, Atakpamé est un carrefour économique et culturel reliant le sud et le nord du pays. Ses marchés, ses infrastructures et sa diversité linguistique en font un point de rencontre unique. La langue ifè y domine, suivie de l’ewe, tandis que le français est utilisé dans l’administration et l’éducation.

Le mystère des collines : entre histoire et spiritualité

En langue ifè, « Oke » signifie colline ou montagne. Les sept collines d’Atakpamé ne sont pas seulement des reliefs naturels : elles portent une charge symbolique et spirituelle. Dans la tradition locale, leurs noms sont invoqués dans les prières, particulièrement par les prêtres vodou et les gardiens des cultes traditionnels. Ces collines sont donc à la fois des repères géographiques et des piliers culturels.

Voici la découverte de ces sept collines légendaires :

  1. La colline Omikossi
    Véritable mémoire de la ville, Omikossi abrite encore des vestiges de la colonisation allemande : bâtiments anciens, infrastructures, mais aussi la prison civile d’Atakpamé. C’est de là qu’est né l’usage du mot ewe Todzi (« colline ») pour désigner la prison dans le langage populaire dans cette ville. Le célèbre Roc Hôtel y est également situé.
  2. La colline Agema
    Située au sud-ouest, non loin du carrefour d’Agbonou, elle surplombe le quartier de Kpotamè et le Lycée d’Agbonou. Cette colline offre une vue panoramique sur l’entrée sud de la ville.
  3. La colline Ekpa
    Son nom a donné celui du quartier Oke Ekpa, preuve de son importance dans l’organisation urbaine. Elle se trouve à l’est du Stade municipal d’Atakpamé.
  4. La colline Ologbo
    Également proche du Stade municipal, mais à l’ouest, Ologbo domine les quartiers Lomnava et Kossi Kiti. Une colline qui incarne la croissance résidentielle de la ville.
  5. La colline Batabali
    Elle marque partiellement l’identité du quartier éponyme, voisin de Doulassamè et du Collège Saint-Albert. C’est un lieu de vie où la colline et la cité s’entremêlent.
  6. La colline Méfa Située dans la zone de Djama-Kpota et s’étendant jusqu’au quartier Tomégbé, la colline Méfa se distingue par une particularité rare : elle abrite en son sein un cours d’eau portant le même nom. Cette rivière, source de vie pour les habitants, joue un rôle essentiel dans le quotidien des résidents de Djama.

En période de pénurie, nombre d’entre eux s’y rendent non seulement pour puiser de l’eau, mais aussi pour se rafraîchir. Méfa est donc bien plus qu’un simple relief : elle représente un lieu de ressource et de résilience, un point de rencontre entre la nature et la vie communautaire.

  1. La colline Akposso
    Abritant la paroisse locale de l’Église évangélique presbytérienne du Togo (EEPT), cette colline est un espace verdoyant, marqué par une forte symbolique religieuse et spirituelle.

Un atout pour le tourisme togolais

La redécouverte des sept collines d’Atakpamé n’est pas seulement un exercice de mémoire. Elle s’inscrit aussi dans la volonté de mettre en valeur le patrimoine naturel et culturel de la ville, en phase avec les ambitions de la Semaine nationale du tourisme.

En effet, au-delà de leur beauté, ces collines témoignent du mariage entre histoire, spiritualité et urbanisation. Elles racontent l’évolution d’une cité-refuge devenue aujourd’hui une ville moderne, sans jamais renier ses racines.

Avec ses collines légendaires, son riche métissage linguistique et son rôle stratégique, Atakpamé incarne une destination capable d’attirer aussi bien les passionnés d’histoire que les amoureux de la nature.

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Dasefoa

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture